Une belle rencontre

On sent une grande douceur dans la voix de Christine. Comme si même au téléphone, elle voulait prendre soin de nous.
Son humanité se lit dans le naturel qu’elle dégage. Un naturel pudique, mais qu’elle ose dévoiler, à notre demande, par les
réponses qu’elle apporte. Récit…

– Christine, vous êtes aide soignante. En quelques mots, quel est votre parcours professionnel ?

J’ai fait l’école hôtelière. Puis exercé différents métiers. On peut dire que j’ai eu plusieurs vies professionnelles : j’ai travaillé pour un photographe, été hôtesse de tourisme ; j’ai exercé d’autres métiers encore. Et puis, il y a eu cet été 2002. Avec une immense sécheresse. Les médias parlaient des personnes âgées. De ces conditions climatiques difficiles pour elles. J’ai  eu alors une sorte de déclic. Un acte un peu « fou ». J’habitais à 200m d’une maison de retraite. Je suis partie, CV en main, pour proposer de travailler là bas. C’était un vendredi. Le lundi, je débutais en tant qu’aide soignante.  

C’est un démarrage plutôt singulier ?
Oui, on peut dire que c’est le métier qui m’a choisi. Ce coup de tête s’est avéré être un véritable coup de cœur. Mon précédent métier m’avait révélé que j’aimais être au service de l’autre. C’est une notion fondamentale dans les métiers de l’hôtellerie, de la restauration. Mais si un jour on m’avait dit que je choisirais délibérément de me tourner vers les personnes vieillissantes, je ne l’aurais pas cru. Pourtant, de 2002 à 2011, j’ai occupé la fonction d’aide-soignante auprès de personnes âgées. J’ai découvert les facettes d’un métier tellement humain, dans lequel on se donne pour les autres. J’ai aimé ce travail, mes collègues, les résidents. Toutefois, il m’a très vite semblé nécessaire d’être diplômée – ce que la structure dans laquelle j’exerçais m’avait promis. Malheureusement, les années ont passé, et cette formation n’a jamais été mise en place. Cette déception, je l’ai traînée, jusqu’à ce qu’elle tourne en épuisement. Je continuais à me donner à fond dans mon travail, mais je ne me sentais pas reconnue. Ce mal être m’amenait à me focaliser sur les problèmes, les déceptions. Heureusement, un jour j’ai ouvert les yeux. Et en 2011, j’ai finalement décidé de quitter cette structure, de m’inscrire à Pôle Emploi et de monter un dossier de demande de formation.

– Que s’est-il alors passé ?

Mon dossier a été accepté et co-financé par le Conseil Général. J’ai passé le concours. Je l’ai eu. J’ai suivi le cursus… passé mon permis de conduire ! Bref, vécu une vraie vie d’étudiante. Et en juillet 2013, j’ai eu la joie d’être diplômée.

Là, je me suis accordée un mois. Un mois pour réfléchir. Me poser. M’interroger sur ce que je voulais faire en profondeur. J’ai alors décider de faire de l’intérim, car il m’a semblé que cette forme de travail me correspondait. Le 14 août 2013, je me suis inscrite chez INTERIM’R.

Qu’appréciez-vous dans le fonctionnement de l’intérim ?

J’aime l’idée de mouvement, de nouveauté. L’idée de prendre ce qui est bon la structure dans laquelle je suis. Et puis, chaque nouvelle mission est pour moi l’occasion découvrir de nouveaux collègues. De faire de belles rencontres humaines.
Qui plus est, j’apprécie énormément la relation que nous avons nouée avec Lucie et Charlène. Certes, je travaille beaucoup, mais face à moi, j’ai deux personnes tellement compréhensives, qui prennent soin de moi. Elles sont arrangeantes, tiennent compte de mes éventuelles contraintes organisationnelles. Ce sont vraiment de belles personnes. Face à elles, je me sens valorisée. Je n’oublierais pas par exemple, la façon dont elles se sont occupées de moi au moment du décès de mon père. Elles me contactaient alors non pour des missions, mais pour m’apporter du réconfort. Me dire de prendre mon temps. Bref, m’épauler. C’est tellement précieux !

– Qu’aimez vous particulièrement dans votre métier d’aide-soignante ?

J’aime le soin en général : la toilette, l’écoute de la personne. J’aime apporter du bien à l’autre, et j’essaye de le faire du mieux que je peux. Alors, cela nécessite de déposer ses problèmes à l’entrée de son travail, afin de pouvoir se donner à fond. De sourire. D’entrer en communication avec l’autre. Mais vous savez,  on vit des moments magiques avec ces personnes : des regards, des paroles, des confidences. Nos aînés ont besoin de nous. Et ils ont tellement à nous apporter.

Aujourd’hui, je suis fière de dire que mon métier est l’équilibre de ma vie !

 

Christine, récompensée par INTERIM'R Santé, à Auxerre
Christine, récompensée par INTERIM’R Santé, à Auxerre

 

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